BATTLEROAR
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Epic Heavy/Power Metal

Codex Epicus
Enora
Journaliste

BATTLEROAR

«« Codex Epicus », un album de Power qui a absolument tout pour plaire et reprend avec maîtrise les codes du genre en nous racontant une belle histoire»

9 titres
Epic Heavy/Power Metal
Durée: 55 mn
Sortie le 15/06/2018
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La Grèce est un pays qui regorge de bonnes surprises, en témoigne Battleroar, un groupe de Power Metal formé en 2000 et qui a sorti son premier album, « Battleroar » en 2003. Suivent ensuite « Age of Chaos » (2005), « To Death and Beyond… » (2008) qui marque d'ailleurs le début de leur collaboration avec Cruz Del Sur Music, puis « Blood Of Legends » (2014). Cette année, ils reviennent avec « Codex Epicus » qu'on découvre sans plus tarder !

« Awakening The Muse » porte très bien son nom et ouvre cet album de façon majestueuse puisque clavier, batterie et cordes soutiennent une voix lyrique de femme dans les aigus. Un choeur se joint à cet ensemble déjà magistral et impressionnant et le groupe réussit le pari de nous emporter dans son univers épique et haut en couleurs ! Sans transition, nous voici avec « We Shall Conquer », une ode à la conquête des plus explicites et, sans être fan de la voix, j'admets qu'elle habille bien les riffs de guitares, dans les médiums et les graves. Lorsque Gerrit Mutz monte dans les aigus, sur le refrain en particulier, sa voix prend un timbre plus agréable et entraînant, une impression renforcée par la basse galopante de Sverd. Un solo de guitare vient renforcer la fresque musicale brossée par ce morceau de près de huit minutes. Les choeurs semblent être un élément constitutif de l'esprit de Battleroar puisqu'on les retrouve tout au long de ce premier titre. On passe à quelque chose de bien plus calme et posé avec « Sword Of The Flame » qui s'ouvre par un duo guitare acoustique et voix grave. Fermez les yeux et imaginez un conteur qui vous entraîne par la pensée sur des chemins secrets à travers un monde merveilleux et surprenant peuplé de guerriers et de créatures fantastiques. Plus il avance dans son récit, plus la tension croît jusqu'à atteindre son paroxysme lorsque nous comprenons que ce conteur fut, en son temps, un grand combattant. La virtuosité de Michael Kontogiorgis et Kostas Tzortzis, aux guitares, contribue grandement à la beauté des chansons que le groupe nous offre pour le moment.

Je me disais aussi que la batterie de Greg Vlachos n'avait pas encore eu son moment de gloire ; c'est chose faite avec l'introduction de « Chronicles Of Might » qu'il mène d'une main de maître avec son compère bassiste. Ce titre s'avère plus lent, mesuré et solennel que les précédents, ce qui permet à Battleroar d'affirmer une nouvelle fois sa maîtrise et son expérience. Le chant des mouettes et le bruit des vagues nous accueillent délicatement pour « The Doom Of Medusa ». Le groupe prend le temps de contextualiser, de poser un décor pour sa chanson, où une guitare et des choeurs finissent par apparaître à leur tour. Brusquement, le morceau prend une tournure bien plus sombre et qui contraste avec la première impression qu'on pouvait avoir. L'accompagnement musical se fait trépidant, évoque une chevauchée, une course effrénée. Changement de cadre puisque des cornes de brumes annonçant le départ au combat se mêlent au son du piétinement d'une armée en marche pour « Palace Of The Martyrs ». Le groupe semble ainsi très attaché à nous raconter des histoires, comme nous le soulignions un peu plus tôt. Guitares et basses s'associent et se défient à travers des riffs aussi graves que gras et qui servent de terrain de jeu au chanteur.

Avec « Kings Of Old », la guitare acoustique et les voix nous orientent tout d'abord vers quelque chose de presque plus Folk que Power, mais les influences de Battleroar ne sont jamais loin et la technique de chant nous ramène dans le chemin de « Codex Epicus », qui porte bien son nom tant chaque chanson réserve son lot d'epicness ! Le groupe connaît à la perfection les rouages du Power Metal et en joue à son avantage pour nous offrir un album d'excellente facture. L'atmosphère se fait orientalisante alors que s'ouvre mystérieusement « Enchanting Threnody ». Etrangement, cette mélodie disparaît sans réelle raison et le groupe revient à ce qu'il nous propose depuis le début de l'album ; s'agissait-il donc uniquement d'un prétexte à faire une jolie introduction mais sans rapport avec le coeur du morceau ? Et on finit avec une chanson bonus : « Stronghold » et son puissant riff de guitares ! Ce dernier morceau est un des plus entraînant de l'album et se révèle être une invitation pure et dure au headbang !

« Codex Epicus » est un album de Power très réussi et qui a absolument tout pour plaire. Si Battleroar propose quelques bonnes idées, on peut néanmoins leur reprocher de rester parfois un poil trop classique mais leur capacité à nous emporter dans leurs histoires est suffisante pour passer outre ce détail !