Butterfly (EP)
Enora
Journaliste

THORNHILL

«« Butterfly », un trop court EP qui témoigne de l'ambition et des capacités de Thornhill»

6 titres
Metalcore
Durée: 23 mn
Sortie le 16/02/2018
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Thornhill est un tout jeune groupe de Metalcore aux influences flirtant parfois avec le Punk/Rock et qui nous vient de Melbourne, en Australie. Mais cette courte carrière a déjà donné naissance à un EP d'une qualité rare : « Butterfly ».

« Sunflower » est la preuve, plutôt rassurante selon moi, que Thornhill ne va pas se contenter de nous envoyer du Metalcore agressif en plein visage. Au contraire, la chanson s'ouvre mystérieusement avant de prendre des accents sombres et angoissants. La ligne rythmique se durcit, laissant deviner quelques breaks, alors que la voix claire du chanteur, très agréable par ailleurs, nous guide à travers cet univers que nous découvrons. Le mixage a été plutôt très bien réalisé et permet de mettre la basse autant en avant que la guitare, aux riffs énergiques. L'explosion que beaucoup attendait ne tard pas et, sur un break bien senti, le chanteur se met à screamer, avec une diction proche de la voix parlée pour une force de frappe accrue. Son timbre et certaines de ses accentuations peuvent vous faire penser au chanteur de Saosin et on ne va pas s'en plaindre ! L'ambiance est plus aérienne et évanescente sur « Parasite », qui s'ouvre pourtant tout en violence. La chanson peut sembler moins mélodique que la précédente parce qu'elle se rapproche un peu plus de ce qu'on peut entendre chez d'autres groupes du même style mais Thornhill prend bien soin de conserver son identité, qui passe en particulier par des superpositions de voix qui semblent sortir de nulle part et flotter au dessus d'une ligne musicale lourde et puissante. La force du groupe vient sans aucun doute de sa capacité à créer des atmosphères étranges mais toujours prenantes.

Des codes assez similaires sont repris sur « Reptile » avec un ton peut être plus Punk Rock que ce qu'on a entendu auparavant, en particulier dans la ligne mélodique du chant clair. Autour de cette base, relativement surprenante, se greffe un ensemble violent et noir avec une basse très présente, des screams intenses et des riffs plutôt entraînants. Après le break du morceau, le ton s'apaise brusquement, mais ce changement d'ambiance n'est pas pour me déplaire car les musiciens basculent vers quelque chose de bien plus mystérieux et dérangeant. « Plastic » est tout aussi surprenant car ce morceau se construit majoritairement autour d'un duo entre notes longues, chantées avec douceur et maîtrise, et chaos instrumental de fond ; un mélange intéressant qui convainc assez rapidement. Les amateurs de violence ne seront pas déçus avec « Lavender » qui, malgré son nom, est une pure déferlante de brutalité qui nous rappelle que les influences du groupe touchent aussi à des groupes bien énervés ! Mais je vous propose de découvrir et savourer cette chanson par vous-mêmes pour mieux vous rendre compte du talent de cette jeune formation ! Et on finit cet EP avec « Joy », d'abord avec un langoureux et calme riff de guitare. La voix se fait plus caressante mais on sent qu'une ombre demeure et que le groupe a bien plus à dire que ce qu'il nous montre dans ce (trop) court EP.

« Butterfly » témoigne de l'ambition et des capacités de Thornhill qui nous en montre assez pour nous convaincre sans pour autant tout dévoiler et perdre ses nombreux atouts. Pour être honnête, j'aimerais entendre des groupes aussi bons plus souvent dans ce genre !