THERION
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Death Metal, Symphonic Metal

Beloved Antichrist
The Effigy
Journaliste (Belgique)

THERION

«Une grande histoire à découvrir absolument, en une traite si possible, THERION nous publie là un bien bel opéra !»

46 titres
Death Metal, Symphonic Metal
Durée: 183 mn
Sortie le 09/02/2018
4305 vues
Il y a trente ans déjà que l'embryon de Therion voyait le jour sous le nom de Blitzkrieg, lorsque Christofer Johnsson quitte le groupe et forme l'année suivante Megatherion, qui deviendra assez rapidement Therion. Dès le départ, THERION voit un va et viens incessant de membres et/où d'invités, et ce jusqu'à aujourd'hui. Le début death metal du groupe dégageait déjà une particularité. Certains éléments étrangers au style pointant le bout du nez, mais pas encore assez pour perturber l'auditeur. En 1996 Theli marquera nettement une signature propre au groupe. L'amour de la symphonie et de l'opéra s'installera dans le coeur de Johnsson et marquera le groupe au fer rouge. THERION a continué ses expériences et innovations, ne s'interdisant rien, quitte à perturber profondément certains fans comme avec l'album « Les Fleurs Du Mal » sortit en 2012 et ne contenant que des vieux hits français. Pas grave, les idées de Johnsson sont les idées du groupe et vice-versa la plupart du temps. Il est le maître d'oeuvre de la bande et quand cette envie remontant à déjà quelques années de mettre en place un opéra se fait de nouveau plus forte, il ne reste plus qu'à le laisser faire.

C'est avec stupéfaction puis avec curiosité que nous approchons ce pavé discographique. La présentation de 46 morceaux pour plus de trois heures de musique a de quoi surprendre, mais après mûre réflexion, nous sommes dans la logique de l'opéra qui prend le temps de raconter son histoire. De ce côté la, Christofer a déployé toute la panoplie de méthode propre au genre. L'histoire comporte 29 personnages, 29 voix, interprétées par 15 chanteurs et chanteuses différents. Le troisième chapitre du livre « Trois Entretiens Sur La Guerre, La Morale Et La Religion » de Vladimir Soloviev (1899) sert de base mais subit assez bien de réécriture, notamment sur l'époque qui devient ici futuriste dans un monde post-apocalyptique après la perte de toute technologie électrique. La vapeur et la couleur du charbon se mélangent à une certaine modernité qui replonge dans l'univers Steampunk souvent utilisé par le groupe pour l'imagerie où encore son jeux de plateau 011 mit en oeuvre par le talentueux Paolo Valerga.

L'approche musicale bien que différente par certains aspects d'un album normal de THERION n'en reste pas moins assez habituelle pour le fan du groupe. Il faut se rendre compte ici que tout les titres ne comporteront pas l'énergie électrique mais que nous passerons par de pures moments d'opéra mélangés au metal du groupe. Nous recommandons pour bien appréhender l'album de prendre le temps, de se donner du temps. Zapper des chansons pour voir ce que cela donne ne rime à rien. Un titre pouvant sembler plus banal ne se dévoile parfois que dans l'ensemble. Ce qui peut sembler indigeste ne l'est plus vraiment dès que nous sommes plongé sans contrainte dans l'écoute de ce pavé. Les choeurs et les orchestrations sont somptueux, les voix sont parfaites dans leurs rôles et il est d'ailleurs difficile de reconnaître ceux des participants qui jouent deux rôles différents tellement ils sont imprégnés de leurs personnages.

Il est possible d'écouter les trois actes séparément bien entendu, tout comme il vient un moment ou une sélection des titres qui vous plaisent le plus se fera naturellement. THERION ne facilite certes pas la vie de ses auditeurs., mais comment aurait-il pu en être autrement avec un groupe qui aime se lancer des défis ? Certains s'accrocheront à ce qu'il y a de plus classique dans le répertoire de THERION, des titres comme « Where Will You Go », « Never Again » où encore « The Solid Black Beyond » sont dans la veine de ce que l'ont apprécie généralement. Nous retrouvons aussi dans cette veine d'autres morceaux de qualités tel que « Garden Of Peace », Hail Caesar » et « Behold Antichrist ». Quand le groupe passe par plus grandiloquent, le fan se réjouira comme sur ce « Burning The Palace » de plus de huit minutes. Certains seront surpris par le décalage rythmique d'un « Dagger Of God », alors que d'autres ne sauront que faire du très rock'n'roll « Shoot Them Down ».

Alors voilà, THERION a osé, THERION a fait. Libre à chacun d'adhérer où pas à la démarche mais tout le monde se doit d'avouer que ce groupe ne se vend pas, ce groupe reste pur dans son amour à la musique et déjà pour ça ; merci THERION.
Pour nous il est évident que cet album sera une pièce maîtresse de la discographie du groupe dans quelques années. Laissez vous happer, apprivoiser par cet album... Forcez vous si il le faut. Il n'est pas simple de s'enfiler ce pavé, mais quand on y arrive, on sait que l'on est face à un album unique en son genre, et ce serait dommage de le rater.