FATES WARNING
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Power/Progressive Metal (early), Progressive Metal (later)
Chroniques

Awaken The Guardian Live
Enora
Journaliste

FATES WARNING

«''Awaken The Guardian Live'', mal mixé mais plein d'entrain, ce live est à réserver aux inconditionnels du groupe»

24 titres
Power/Progressive Metal (early), Progressive Metal (later)
Durée: 168 mn
Sortie le 27/04/2017
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Ai-je réellement besoin de présenter la légende américaine Fates Warning ? Pour les rares qui ne les connaissent pas, ce mythique groupe de Heavy/Power aux douze albums qui a basculé dans le Metal Progressif a été fondé par le guitariste Jim Matheos en 1984. Le groupe a subi beaucoup de changements de line-up durant ses 33 ans d'existence, mais aujourd'hui la base du projet est incarnée par Jim, le chanteur Ray Adler (arrivé en 1987), Joey Vera à la basse (depuis 1997) et Bobby Jarzombek derrière les fûts depuis 2007. La deuxième guitare est habituellement tenue par Mike Abdow, mais ce dernier est difficilement disponible pour tourner, alors le groupe fait parfois appel à des guitaristes de session. Pour fêter les trente ans de leur album “Awaken The Guardian”, sorti en 1986, le groupe a organisé une tournée anniversaire. De cette tournée est né “Awaken The Guardian Live”, enregistré au festival Keep It True XIX en 2016 et au ProgPower USA XVII de 2016 également, avec son line-up original ! C'est un plaisir pour les fans de retrouver Jim, mais également John Arch au chant, Frank Aresti à la deuxième guitare, Joe DiBiase à la basse et Steve Zimmermann à la batterie. On part pour une petite leçon d'histoire !

Quelques acclamations serviront d'introduction à “The Sorcerer” dans la fosse du Keep It True XIX. Les notes de guitare résonnent dans les oreilles de toute l'assemblée, et le morceau débute. Si tous les instruments sont plutôt audibles, la voix de John est vraiment très en retrait. Il en va de même pour les choeurs, qui sont presque inaudibles. Alors que le groupe débute “Valley Of The Dolls”, la voix prend un peu plus d'ampleur. Cependant, quelques notes sont fausses, et la voix suraiguë devient assez vite insupportable, même si le groupe semble se donner à fond. Des samples sonneront le début de “Fata Morgana”, et on entend le public scander des notes, alors que John s'évertue à se faire entendre. La rythmique saccadée de la composition débouchera sur “Guardian”, titre emblématique et l'une des plus belles Power Ballades, mais qui ne fera mouche que dans la fosse et me laisse totalement indifférent. Le mix semble à revoir.

On repart sur le sample introductif de “Prelude To Ruin”; avec quelques murmures, et les harmoniques des deux guitares qui se battent en duel sous une rythmique parfaitement tenue par le duo basse/batterie, mais il me semble encore que John chante faux, même s'il est un peu plus présent. Enfin, quand il ne mâche pas ses mots. Seule “Giant's Lore (Heart Of Winter)” bénéficiera d'un son réellement convenable à tous niveaux, même lors des parties plus techniques. Une petite pause instrumentale avec “Time Long Past” visiblement adorée par la foule, et on finit l'hommage avec “Exodus” et sa rythmique chiadée au possible, truffée de leads de guitare.

Le public en redemande, alors le groupe revient pour un rappel de quatre titres. Le premier est “The Apparition”, où John semble enfin avoir allumé son micro et qui chante convenablement sur des riffs plus violents. Ils enchaînent avec “Damnation” qui est beaucoup plus calme, mais renouera avec un chant de tête suraigu et entêtant au possible, alors que “Night On Bröcken”, visiblement très attendue ravira vos tympans. Ce titre est parfaitement interprété, mais malgré la rythmique très prenante, l'expérience vocale me gâchera cette prestation. Les musiciens terminent avec “Epitaph”. Ce titre, très plébiscité par la foule, sera également parfaitement interprété, sauf au niveau du chant, beaucoup trop approximatif. Les remerciements du groupe achèveront cette performance.

Vous souhaitez prolonger l'expérience ? Eh bien le deuxième CD, enregistré au ProgPower USA XVII conviendra probablement aux fans, mais pas à moi. Même si globalement la voix est de meilleure qualité, le mix noie tous les instruments ensemble. Pas de quartier pour la rythmique, la basse peine réellement à se distinguer de la guitare sur certains passages, et la caisse claire semble mal réglée (ce qui est dommage car la grosse caisse est d'excellente qualité). Mis à part la caisse claire, on s'habitue progressivement et il est même possible de préférer ce deuxième disque au premier. Autre différence, le groupe jouera “Damnation”, “The Apparition” puis “Kyrie Eleison”, titre beaucoup plus immersif que Night On Bröcken” à mon avis, avant de terminer sur un “Epitaph” beaucoup plus juste que le précédent.

Je suis partagé pour ce live. Le mixage n'est clairement pas réussi, mais les musiciens semblent heureux d'être présents et donnent le meilleur d'eux même pour deux shows exceptionnels. Ce n'est pas un retour de Fates Warning comme les moins jeunes l'ont connu, mais un petit saut dans le temps, qui plaira aux fans et aux nostalgiques. Mais je ne vous conseille absolument pas de l'écouter pour débuter.