IMMOLATION
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Death Metal

Atonement
Anibal BERITH
Journaliste

IMMOLATION

« Le niveau dégagé par Immolation est hors norme et confère à ''Atonement '' une puissance démoniaque.»

12 titres
Death Metal
Durée: 49 mn
Sortie le 24/02/2017
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30 septembre 1989, Paris découvrait Immolation tout juste formé, en guest de Massacra, venu jouer deux titres où le groupe français se produisait dans la petite salle du Gibus. Le groupe américain avait déjà marqué les esprits et a quelque peu fait parti de ces groupes qui ont révolutionné le Metal au sens large en proposant une musique résolument différente. Regardez la vidéo ici ''www.youtube.com/watch?v=b3k6nn0IoTI'' et vous comprendrez.

24/02/2017, près de 30 ans plus tard, le quartet originaire de Yonkers, New York, est toujours là et bien là en nous proposant leur dixième album intitulé ''Atonement'' qui s'annonce d'ores et déjà comme l'une des sorties majeures death metal de l'année!

Délivrant un death US old school bien malsain, Immolation ne manque pas à sa réputation et continue sur cette lancée qui fait son succès depuis bientôt trois décennies.

Dès les premiers riffs d' ''Atonement'' avec le titre 'The Distorting Light', on sent que l'on entre dans un univers musical où dissonance et monstruosité font bon ménage. L'ambiance est pesante et jouera de l'alternance entre la brutalité des blast beat frappés et puissants et du mid tempo pesant s'accordant au jeu des guitares tantôt claires et lancinantes, tantôt grasses et saturées. Un court solo vient perturber cette ambiance volumineuse et dense pour laisser place au dérangeant et strident 'When the Jackals Come'.

L'enchainement sur 'Fostering the Divide' se fait tout naturellement avec une chanson plus terrifiante rendue par des riffs bien dégoulinants et un growl sévèrement caverneux et sombre. La complexité du titre par ses changements de rythme incessants lui confère une atmosphère perturbante de par son harmonie décousue.

La suite s'avère plus directe avec le rapide et efficace 'Rise the Heretics' qui saura alterner passage mid et plus rapides avec succès et ingéniosité participant ainsi à la variété du disque qui amène l'auditeur de surprise en surprise.
Le quartet se bonifie au fil des albums et n'hésite pas à sortir des sentiers battus en intégrant quelques touches modernes issues du deathcore par de gros riffs résonnants et vibrants.

L'intégration d'effets sonores dérangeants comme sur l'intro de 'Thrown to the Fire' participe à l'univers lugubre des américains qui se complaisent à marteler l'auditeur jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se relever. Cette recette est employée sur l'ensemble de la galette avec des mélodies changeantes et pénétrantes ('Lower', 'Atonement', 'Above All', 'The Power of Gods').

Le titre promotionnel 'Destructive Currents' est quant à lui différent et bien plus agressif que ceux qui sont proposés sur le reste du matériel tout en respectant l'ambiance de ce dernier en proposant une mélodie envoûtante caractérisée par un solo dantesque à mi course.

Le rouleau compresseur 'Atonement' clôture son martelage assommant et impactant par l'écrasant 'Epiphany' qui enfonce le clou si fort que l'on sent la lourdeur des riffs sur ses épaules et qu'il sera difficile de se relever de cette leçon de death distillée par l'équipe tournant autour de Ross Dolan (basse, chant) et Robert Vigna (guitare) à l'origine de groupe rejoint par Steve Shalaty à la batterie en 2003 et plus récemment (2016) par Alex Bouks (guitare).

Comme je le disais en introduction, le dixième méfait des américains d'Immolation est sans contexte la sortie de death de l'année et nous ne sommes qu'en février. Le niveau dégagé par le quartet est hors norme avec une créativité sans faille tout en respectant l'essence même du combo. Le tout est produit à la perfection avec une restitution idéale de chacun des instruments et du chant du frontman, conférant à ''Atonement'' une puissance démoniaque.

Anibal Berith