ASKING ALEXANDRIA
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Metalcore
Chroniques

Asking Alexandria
Enora
Journaliste

ASKING ALEXANDRIA

«''Asking Alexandria'', un album en demi-teinte pour un groupe encore timide et qui ne sort pas des clous»

13 titres
Metalcore
Durée: 51 mn
Sortie le 15/12/2017
499 vues

Présentons-les pour la forme ! Asking Alexandria est un groupe de Metalcore originaire York, en Angleterre et créé en 2008 par Ben Bruce. Après cinq album, le groupe revient à la charge pour nous présenter un album éponyme, sorti un an après « The Black ».

Le ton est donné avec « Alone In A Room » : sons électros, riffs agressifs et voix chantée plutôt légère. Les passages plus tendus demeurent calmes, la rythmique est simple et le chanteur ne passe que rarement en scream, avec d'ailleurs plus ou moins de succès. Pour être honnête, je ne trouve pas que le groupe fasse beaucoup plus que nombre de formations Metalcore. La tendance semble être la même partout : plus d'éléments électro. L'entrée en matière d' « Into The Fire » est bien plus réussie avec une rythmique plus lourde et des choeurs aigus qui mettent en valeur les screams du chanteur. Le titre se compose d'une alternance de passages violents et de moments plus mélodiques. Plus la chanson avance, plus une atmosphère tendue s'instaure, et elle trouve son apogée à la fin du morceau. Malgré un petit travail sur la rythmique, « Hopelessly Hopeful » n'est pas inoubliable et je passe assez vite au prochain titre de l'album : « Where Did It Go ». Celui-ci s'avère plus dynamique et riche musicalement avec une utilisation plus judicieuse des sonorités électro que sur les premiers morceaux. La performance vocale est aussi bien plus intéressante puisque le chanteur nous dévoile un peu plus ses capacités.

On continue sur cette lancée avec « Rise Up ». Si la chanson ne semble pas vraiment différente de la précédente, elle est porteuse d'une plus grande force et me fait étrangement penser à certains morceaux de groupes comme In This Moment. « When The Lights Come On » semble être parti d'une très bonne idée dans la composition avec un jeu rythmique que la voix suit à merveille, pourtant Asking Alexandria semble parfois se cacher derrière des arrangements électro trop nombreux, manquant de finesse et n'apportant rien au titre. Le début d' « Under Denver » ne trompe pas, il s'agit (enfin), d'une chanson douce qui rompt avec la tradition de titres plus lourds qu'on a pu entendre jusqu'à maintenant, attention cependant à ne pas trop tomber dans la Pop. La guitare acoustique de « Vultures » prend la relève dans un duo tout en maîtrise avec le chanteur dont la voix éraillée sied parfaitement au morceau. La performance est sobre et cela fait du bien sur un album aussi chargé que celui-ci. Le groupe revient vers une chanson plus énergique avec « Eve » qui repose sur une alternance perpétuelle entre violence et passages mystiques où la voix du chanteur semble planer sur une nappe de notes au clavier, bientôt rejointes par un beat plutôt superficiel et inutile selon moi.

« I Am One » est un morceau surprenant par son aspect fantomatique par moments mais Asking Alexandria reste fidèle à lui-même et ne renonce jamais totalement à son goût pour les passages tantôt screamés, tantôt en chant clair avec une ligne musicale plus douce. Si le titre est réussi dans l'ensemble, on aimerait les voir prendre un peu plus de risques. L'ouverture totalement rap de « Empire » est un effort musical que je salue car encore trop rare dans le Metal, bien que les groupes de Metalcore et de Groove Metal s'y risquent de plus en plus. En revanche, la suite du morceau est bien trop niaise et pauvre musicalement et ne reste pas au niveau des quelques raps qui viennent égayer le titre. Malgré des premières notes très engageantes, « Room 138 » souffre des mêmes défauts et ne réussit pas à convaincre tant la chanson s'avère plate et fade, à l'exception de la ligne rythmique et de l'investissement émotionnel du chanteur sur certains passages. On ne peut pas ignorer l'influence des groupes comme leurs confrères britanniques Architects sur cette chanson, mais Asking Alexandria ne fait pas aussi bien. L'album s'achève par une nouvelle version pleine de surprises de « Into The Fire » que je vous laisse découvrir !

Je ne connaissais Asking Alexandria que de nom, n'ayant jamais été réellement tentée de découvrir davantage leurs compositions. C'est désormais chose faîte et, si je les suivrais de loin parce que certains titres sont intéressants, je suis loin d'être conquise par ce groupe qui manque d'identité et se réfugie trop facilement, à mon goût, derrière des artifices électro.