As Time Turn To Dust
The Effigy
Journaliste (Belgique)

WHYZDOM

«Whyzdom nous revient avec une symphonie métallique qui vous mettra à genoux ! »

9 titres
Metal Symphonic
Durée: 59 mn
Sortie le 06/04/2018
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C'est en France en l'an de grâce 2007 que Vince Leff met au monde un nouveau bébé qu'il baptise Whyzdom. Avec Meyla Melane comme première chanteuse s'ensuit un e.p. de qualité, Daughter Of The Night, qui permet au groupe de se faire remarquer dans le milieu et surtout de se présenter en live et en gagnant le réputé Metal Female Voices Fest. Le premier album From Brink Of Infinity sort en 2009 et WHYZDOM à l'occasion de faire la première partie de DELAIN. S'ensuit malheureusement une valse des chanteuses dans les années qui suivent. Clémentine Delauney remplace Teyla mais quitte le groupe alors que le second album est enregistré. La sortie sera repoussée pour permettre à sa remplaçante Evelyne Lorient de poser ses voix et Blind voit le jour fin 2012. L'aventure d'Evelyne s'arrête rapidement vu qu'un dilemme se pose entre les études et les concerts que le groupe se doit d'assurer. Début 2013 le miracle arrive enfin en la personne de Marie Rouyer et la promo de l'album sur scène peut se mettre en marche. Le troisième album Symphony For A Hopeless God voit le jour en 2015, Marie confirmant en studio le talent qu'elle a déjà démontré sur scène. Il est clair que le groupe a trouvé sa chanteuse renommée depuis son mariage du très beau nom de Marie Mc Load et c'est avec un grand plaisir que nous recevons le quatrième album As Time Turn To Dust qui sort chez Scarlet Records en ce mois d'avril 2018.

Entrée orchestrale et première ligne de chant de Marie pour aborder « Armour Of Dust ». Le son est puissant et les vst symphoniques sont d'une efficacité assez bluffante. Les guitares vont taper dans un metal plus moderne sur certains riffs. Les rythmiques passeront du rapide au plus lourd, double pédale déployée ou tempo plus aéré. La mélodie, malgré un titre complexe pour celui qui n'est pas habitué au groupe, est bien dans l'accroche. Le single dévoilé en clip vidéo plus tôt dans l'année est déjà connu de nombreux fans. « Armaggedon » déploye une efficacité sur l'ensemble du titre plutôt qu'être démonstratif sur un seul instrument. L'arrangement total donne le résultat grandiloquent qui nous vient aux oreilles avec grand plaisir.

L'introduction philharmonique de « Fly Away » peut coller à toute scène finale de péplum de par sa grandeur. Des grattages trashy ponctuent le morceau entre la tonne d'arrangements où les cuivres sont un des éléments primordiaux. Whyzdom ne pratique pas vraiment le metal symphonique mais inverse plutôt la tendance en créant une symphonie métallique. Marie explore aussi bien le chant pop que celui d'opéra, le solo de guitare prouve la dextérité de pratique musicale, chaque instrument est carré pour un résultat qui laisse pantois. Après ce mur sonore, « The Page » se dévoile dans la douceur d'une guitare au son clean supplantée par la voix de Marie. Si le titre se déroule sur un tempo équivalant à de nombreux slows, la puissance se développe de plus en plus jusqu'au final.

Le up-tempo est de sortie avec ses cuivres pour « Follow Your Heart » avant de rattraper un rythme plus posé malgré un riff assassin. Le groupe se jouera des montées et descentes comme il en a l'habitude. Une fois l'oreille de l'auditeur apprivoisée par cette manière de pratiquer, la beauté de la composition se révèle bien plus encore. La suite, qu'une ambiance écossaise introduit, va être jouée sur des temps bien marqués. Plus accessible dans sa mélodie, les passages variés de l'orchestration sur « Angel Of Tears » renforcent le tout d'une puissance et d'une complexité qui apporte le contraste.

« Free As A Bird » et son travail de composition très recherché encore une fois nous bluffe tout du long. La voix d'opéra de Marie est exploitée plus que de coutume. Les choeurs sont magnifiques et il est enfin temps de souligner la qualité de ces chanteuses qui accompagnent le groupe. Le titre suivant, « TheMistchild », prend le temps de se poser avant d'envoyer du lourd dans vos oreilles. Les couplets sont plus dénudés qu'à l'habitude et les lignes de guitare se situent plus dans un heavy metal classique qui se marie bien avec les riffs modernes du morceau. Encore une fois, nous remarquons que les cuivres sont bien plus utilisés que sur l'album précédent. Le solo quant à lui va simplement vous laisser sur la touche.

Le grand final qui termine l'album possède la mélodie vocale préférée de votre serviteur qui est sous le charme pendant qu'il écrit sa chronique. Une base de metal classique, un bon travail de toms et de rythmes, une orchestration splendide. Le titre à tout pour plaire aux fans du genre. Regroupant aussi bien le travail des choeurs que le symphonique, ce morceau résume à lui seul ce que représente le groupe. Des aventuriers de la grandeur qui n'ont aucune peur d'en mettre plein la vue, pardon, plein les oreilles aux personnes qui osent se lancer dans l'écoute de ce travail majestueux.

Au final, nous réalisons que cet album va nous prendre un certain temps pour être analysé sous toutes ses coutures vu la somme des informations musicales qui nous est livrée ici. Il en a toujours été comme cela avec WHYZDOM mais une impression de surenchère à bon escient pour atteindre leur but est bien prégnante. Pouvoir jongler avec une multitude de pistes est devenu une marque de fabrique pour reconnaître le groupe. Ce qui nous faisait dire dans le texte plus haut que non, ce n'est pas du metal symphonique ou philharmonique mais bel et bien un groupe qui pratique la symphonie métallique. Si vous prenez le temps d'adapter votre oreille à ce travail, vous pourrez vous émerveiller de cette richesse. Par contre ceux qui ont difficile face à trop d'information n'auront pas plus facile avec ce nouvel album. De notre côté, nous le classons sans hésitation dans les tops du genre, genre qu'ils ont dépassé de tout manière.
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