IRON MONKEY
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Sludge/Doom Metal

9-13
Anibal BERITH
Journaliste

IRON MONKEY

«Une galette cohérente avec le choix d'un son old school ''garage'' qui permet de dégager une musique honnête et authentique. Un groupe à (re)découvrir!»

9 titres
Sludge/Doom Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 20/10/2017
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Formé en 1994 à Nottingham par Justin Greaves (batterie), Johnny Morrow (chant), Jim Rushby (guitare), Steve Watson (guitare) et Doug Dalziel (basse), Iron Monkey est un groupe de sludge/doom metal ayant produit deux albums en 1997 et 1998 (''Iron Monkey'' et ''Our Problem'').
Ayant splitté peu de temps après (1999) pour divergences artistiques, les anglais se reforment cette année 2017 avec aux commandes, les deux membres originaux Jim Rushby (guitare et chant), Steve Watson (guitare et basse) accompagnés d'un nouveau batteur Brigga.

Bien que les années soient passées, le combo britannique n'a pas perdu de sa verve et nous offre une album de sludge très énergique mêlé d'une ambiance old school ''garage'' avec un son assez crade et dégoulinant et une voix hurlante tirant presque sur de l'indus tellement c'est éraillé et impactant.

Doté d'un artwork assez simpliste et conservant le côté old school du combo, on distingue un chimpanzé dans un pentacle pointe vers le bas orné du fameux 666 si cher aux métalleux que nous sommes!

Se répartissant en 9 actes et sur un peu plus de 3/4 d'heure, le trio nous emmène vers quelque chose de lourd mais pas pour autant pesant car on sent une pointe d'humour dans leurs compositions. Les intros ''larsénées'' du titre éponyme et de ''Toadcrucifier - R.I.P.PER'' nous font presque penser à un boeuf entre potes qui se réunissent pour composer quelque chose. C'est le genre de plans qui montrent une certaine authenticité avant de débouler sur quelque chose d'abouti sur un tempo assez rythmé tout en conservant l'univers sludge.

Loin d'être dépressive, la musique des anglais est au contraire enjouée réussissant à marier cet univers sludge sombre et répétitif à une ambiance plus légère comme les passages rock'n'roll limite punk de ''Toadcrucifier - R.I.P.PER'' ou ''Destroyer''.

Dans un autre registre on notera que le combo ne manque pas d'énergie et que l'on se surprend à headbanguer sur ''Mortarhex'' ou dès le premier titre de la galette ''Crown of Electrodes'' qui sur des riffs très répétitifs, cogne sévèrement par le tempo imposé du nouveau frappeur de la bande. L'outro sonnant ''garage'' sert de belle transition au plus stoner ''OmegaMangler''.

''The Rope'' et ''Doomsday Impulse Multiplier'' amorcent une fin d'album évolutive avec tout d'abord un morceau lourd et pesant dont le riff d'intro me fait penser à la musique des ''Dents de la Mer'' lors de l'approche du terrible requin pour glisser vers un tempo martelant les tympans sur un son assez gras laissant peu de place au chant du guitariste. Le second titre s'enchaînant de façon plus rythmé avec des blasts parfaitement calés sur la rythmique conférant une puissance musicale dégoulinant vers un final stoner rock laissant place à la pièce maîtresse de l'oeuvre, l'imposant ''Moreland St. Hammervortex''.

En guise de conclusion, l'auditeur est embarqué dans un univers vibrant, résonnant, crachant sa rage sur près de dix minutes avec une intro bien grasse de plus d'une minute trente laissant apparaître un chant bien hurlé sur un plan musical très lent et pesant, écrasant même. Au tiers du morceau, le trio s'énerve en martelant leur instrument pour revenir sur la lourdeur et repartir de plus belle. On se fera emporter par cette alternance de plans tout le titre durant pour un final aux allures de science-fiction.

18 ans d'absence pour un retour réussi du trio de sludge énergique britannique qui n'a pas pris une ride. Un album bien produit et signé chez Relapse Records qui est souvent un gage de qualité. L'ensemble de la galette est cohérente avec le choix d'un son old school ''garage'' qui permet de dégager une musique honnête et authentique. Un groupe à (re)découvrir!

Anibal Berith