INCUBUS
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Grunge Rock

8
Enora
Journaliste

INCUBUS

«« 8 », un album riche qui permet à Incubus de toucher à une multitude de genres sans jamais s'y perdre»

11 titres
Grunge Rock
Durée: 40 mn
Sortie le 21/04/2017
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Incubus est un groupe américain originaire de Californie et actif depuis 1991. Le projet serait difficilement qualifiable en termes de style musical puisque les membres aiment visiblement toucher à tout. « 8 » est l'occasion de les (re)découvrir à travers un douzième album complexe mais efficace !

C'est « No Fun » qui ouvre le bal, très explosif en apparence, le morceau se révèle finalement plus travaillé et délicat dans sa construction. Les guitares supportent à merveille la voix particulière du chanteur et les choeurs se multiplient alors que la basse occupe une place de premier choix. « Nimble Bastard » s'ouvre sur la voix superposée à une ligne musicale minimaliste, ce qui crée une certaine tension qui explose sur le refrain, dans un esprit très Punk. On plonge dans des nappes électro sur « State Of The Art » et la voix se fait plus grave sur cette chanson en apparence plus atmosphérique. Le riff de guitare apporte une touche de puissance au titre sans en modifier l'ambiance. On retrouve cette place prédominante des guitares sur une ligne rythmique relativement légère sur « Glitterbomb », bien que la basse contribue grandement à créer un fond musical informe et sombre.

« Undefeated » détone un peu dans l'album dans son écriture puisqu'on retrouverait presque de la Pop expérimentale dans ce morceau qui a pourtant un certain charme, en particulier grâce à la voix, si vous lui laissez le temps de se déployer. On continue dans le ton expérimental avec l'aérien « Loneliest » qui sonnerait presque comme une version édulcorée de Zola Jesus sur certains passages, mélangée avec du Susanne Sundfør. L'ambiance musicale joyeuse et exotique qui ouvre « When I Became A Man » constitue un interlude musical assez brutal, voyons ce que la suite nous réserve !

Les guitares reviennent plus en force et s'associent au clavier pour créer « Familiar Faces ». Le morceau est, étrangement, porteur d'une certaine vitalité propre au Punk à laquelle s'ajoutent une ligne rythmique et une basse assez expérimentales. Sons de machine pour « Love In A Time Of Surveillance » jusqu'à l'entrée en scène d'une basse galopante et d'un riff lourd et entraînant qui ne vous laissera pas de marbre. Serait-ce une ambiance à la David Bowie qu'on sentirait presque poindre parfois ? « Make No Sound In The Digital Forest » reste dans cet esprit de façon plus douce et insouciante en proposant un titre instrumental entre électro et sonorités orientalisantes. On finit sur une touche d'angoisse et de mystère avec « Throw Out The Map ».

« 8 » est un album très riche qui permet à Incubus de toucher à une multitude de genres et d'ambiances sans jamais s'y perdre et en conservant une empreinte musicale très personnelle.