NIGHTSHADE
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Metalcore/Deathcore

1426
Enora
Journaliste

NIGHTSHADE

«1426, un album riche mais décousu qui perturbera vos sens pour une véritable expérience musicale»

10 titres
Metalcore/Deathcore
Durée: 36 mn
Sortie le 16/02/2018
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NightShade est un groupe français formé en 2007 et qui jouit d'une certaine popularité, en témoignent les concerts en compagnie de The Black Dahlia Murder, Fleshgod Apocalypse ou encore Dagoba. « 1426 » est le cinquième album du groupe dont on vous propose de découvrir l'univers sans plus tarder.

La ligne musicale qui se met en place au début du titre éponyme est plutôt douce en ce qui concerne la guitare mais la rythmique laisse présager quelque chose d'un peu plus énergique. La synthèse se fait juste avant l'arrivée du scream qui prend la forme d'une véritable explosion musicale. Bon, on ne va pas se mentir, on a déjà entendu ce genre de composition chez d'autres groupes de Metalcore mais c'est bien amené et bien fait donc on se laisse juste porter. « Save It For The Depths » est très surprenant par l'écart presque contradictoire qui existe entre la partie instrumentale et la voix. Si la première pourrait accompagner de nombreux groupes de Dark Rock et autres styles proches de l'Ambient, les parties vocales me font bien plus penser à des choses dans le genre d'Archspire pour vous donner une idée. Ce n'est pas forcément désagréable mais le résultat n'est pas au rendez-vous soit parce que la composition est trop chargée et incohérente, soit parce que le mixage ne lui rend pas hommage, allez savoir ! Mais les amateurs de violence pure et d'expérimentations musicales pourraient être séduits.

Avec « Inclusive », on revient vers ce qu'on entend un peu plus fréquemment dans le Metalcore extrême/Deathcore et autres genres proches. La basse et la batterie proposent une rythmique hachée et surpuissante, ce qui cantonne la guitare à une présence assez limitée mais permet à la voix de réaliser toutes les acrobaties qui lui plaisent. Si je trouve le morceau très riche et intéressant, je ne suis prends pas de réel plaisir musical à l'écouter. En fait, j'ai l'impression qu'il s'agit plus d'une expérience autour de l'univers du groupe que de l'écoute d'un album, mais ce n'est que mon ressenti. Je suis en revanche beaucoup plus sensible à « Purpose » que lequel l'atmosphère se détend. NightShade s'accorde le luxe de quelques passages en voix claire, sans pour autant négliger une composition rendue lourde par une rythmique trépidante marquée de breaks. Même constat pour « Brothers In Arms » qui me ferait presque headbanguer. Encore une fois, le groupe se démarque par l'agressivité et la tension qui se dégagent de ses créations ; mais contrairement aux premiers morceaux, la musicalité y est bien plus présente, avec une mention spéciale pour le passage aux cordes qui apporte une touche de dramaturgie.

Le ton est résolument plus planant et léger sur « Phalaenopsis » qui aurait presque un petit côté Architects dans les réponses voix claire-scream. Plus le morceau avance, plus NightShade met en avant sa capacité à proposer des compositions plus douces, apaisées et cela leur réussit plutôt bien. C'est décidément un album en trois temps que semble nous offrir le groupe. Après des titres très expérimentaux et déroutants, on revient graduellement vers du Metalcore de plus en plus classique et calme. La voix claire, bannie d'une bonne partie de « 1426 » est désormais utilisée par touches subtiles sur des parties rythmiques toujours aussi énervée. « Snake In The Grass » est l'occasion de trouver un équilibre entre expériences et musicalité puisque le morceau se construit autour du duo basse-batterie qui assure une bonne base nourrie de quelques breaks. La voix est accompagnée de choeurs pour un effet plus magistral. Cette fois-ci, cela me fait plutôt penser à quelques morceaux de Parkway Drive dans un style plus sombre et inquiétant.

Les voix aériennes et presque mystiques de l'ouverture de « Moonchild » collent parfaitement au titre de la chanson et installe une ambiance étrange et magique qui fonctionne à merveille avec les screams qui nous parviennent en fond sonore. Cette introduction au coeur du titre est suffisamment longue pour qu'on ne la considère pas comme bâclée et la transition avec la suite a été intelligemment pensée au point que l'atmosphère créée au début se conserve sans trop de peine malgré la bascule musicale qui s'opère. Et on finit avec « Aokigahara », la célèbre forêt du suicide, au Japon. Les premières notes au piano accompagnées de sons évanescents évoquent sans aucun mal la mélancolie et la douleur de ce lieu à la fois impressionnant et terrible. C'est avec cette composition solennelle que s'achève l'album.

La conclusion est plus difficile que ce que je pensais au début. Avec « 1426 », NightShade signe une sortie très intéressante mais est-ce pour autant à dire que l'album est bon ? Personnellement, je n'en suis pas certaine. Je reconnais la qualité de plusieurs morceaux mais ce nouvel opus donne l'impression d'avoir été composé de manière décousue en assemblant des morceaux au ton très différent, ce qui ne donne aucun sentiment d'homogénéité. Au-delà du fait que je n'ai pas été sensible à certaines créations, le groupe a le mérite de ne pas se cantonner aux chemins battus et à proposer une musique qui, je l'espère, lui ressemble.