NAILED TO OBSCURITY
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Melodic Doom/Death Metal

King Delusion
Anibal BERITH
Journaliste

NAILED TO OBSCURITY

« Un album puissant à la fois mélancolique et plein d'espoir aux mélodies sublimes et à la réalisation de haut niveau»

8 titres
Melodic Doom/Death Metal
Durée: 55 mn
Sortie le 03/02/2017
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Fans de death metal et pas n'importe lequel, Nailed To Obscurity tire son nom de groupe de l'excellent titre de l'album ''Conquering The Throne'' de Hate Eternal . Formé en 2005, seuls les deux guitaristes Jan-Ole Lamberti et Volker Dieken restent du combo originel allemand. Le batteur et le bassiste du départ ne resteront pas longtemps dans l'aventure et seront rapidement remplacés par le batteur Jann Hillrichs et le bassiste Carsten Schorn officiant tous les deux dans le groupe de thrash / death allemand Battue. Raimund Ennenga le chanteur actuel, ayant rejoint l'équipe en 2012 pour ''Opaque''.

A la tête de deux albums ''Abyss'' et ''Opaque'' parus respectivement en 2007 et 2013, le quartet allemand nous livre cette année 2017 son troisième opus intitulé ''King Delusion''.

Délivrant un doom/death mélodique, Nailed To Obscurity nous propose un album très abouti à la production soignée dans un univers plus sombre et plus dense que les deux précédents matériels. Légèrement plus long, les allemands offrent moins de titres que sur ''Opaque'' ou ''Abyss'' mais bien plus intenses et plus longs avec notamment la pièce maîtresse de l'oeuvre 'Uncage My Sanity' qui sur 12'31'' démontre tout le savoir faire des artistes avec une composition volumineuse où tous les instruments sont mis en valeur. La basse est puissante, la batterie est rythmée bien que l'atmosphère reste sombre. Raimund offre des vocalises plus chantées dans un univers à la dominante mélancolique et épique. Le titre se targuera même d'un plan musical à la douceur mise en exergue sur chant clair à la fois beau et psychédélique.

C'est une ambiance que l'on découvre dès le premier titre 'King Delusion' qui est en revanche plus sombre de par le growl plus caverneux bien que Raimund saura l'alterner par un chant clair. Globalement, la chanson est lente et lourde avec une rythmique vibrante et dissonante sur un tempo plutôt soutenu. Il laisse place au légèrement pagan 'Protean' offrant des parties musicales et mélodiques importantes dans une confrontation du beau et du laid pour un final plutôt heavy.

A la suite de l'interlude 'Apnoea' où l'on a la sensation de glisser vers les profondeurs sous-marines, on entre dans une seconde partie de l'album avec le quatrième titre 'Deadening' qui sur 4' annonce la montée de puissance de l'album. Démarrant délicatement à l'acoustique et au texte narré de façon mélancolique au timbre ''normal'', la composition prend de l'ampleur et se durcit sur la seconde moitié avec des riffs plus incisifs et plus percutants tout en restant mélodieux.

Il s'ensuit de l'excellent 'Memento' qui est un titre très personnel du combo avec des paroles très émotives dans lequel on perçoit l'angoisse de l'échec d'une personne. L'intro est assez angoissante par son riff psychédélique redondant et persistant. Le growl de Raimund est extrêmement puissant et profond et montre toute la peur du personnage. Bien que de nature mélancolique, le final est plus rythmé et laisse place au volumineux 'Uncage My Sanity' dont nous avons parlé plus haut dans cette chronique.

L'album prend fin sur 'Devoid' et 'Desolate Ruin', le premier restant sombre et triste tout en puissance et épique avec toutefois comme une lueur d'espoir au final, pour débrancher sur le deuxième et son intro à la guitare, tout simplement et un léger accompagnement des cymbales de Jann. Tout comme l'ensemble de l'album, nous restons dans cet univers doom / death mélo, marque de fabrique du groupe qui arrive à créer quelque chose de prenant et d' émotionnellement fort dans un univers épique associant mélancolie et espoir.

Avec 'King Delusion'', Nailed To Obscurity atteint la maturité certaine pour continuer une belle carrière musicale ayant pris forme il y a douze ans. Un album puissant à la fois mélancolique et plein d'espoir aux mélodies sublimes et à la réalisation de haut niveau. L'album s'écoute comme on écoute une histoire dont les chapitres sont parfaitement écrits et l'enchainement tout naturel.

Anibal Berith